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Mystère à Cordon

Un jeu vous a été proposé durant la nuit des musées, autour des personnages d’Adèle de Bellegarde et d’Héraut de Séchelles.
Nous nous sommes appuyés le plus souvent possible sur des faits historiques. Cependant, nous avons privilégié le déroulement du jeu à l’exactitude des données : nous n’avons pas toujours respecté la chronologie des événements, et nous avons parfois inventé des personnages, ou enjolivé certains points.
Si le jeu vous a donné envie de mieux connaître cette période de l’histoire de Chambéry, voici quelques pistes…

Pourquoi avoir choisi cet épisode ?

Avant tout pour incarner des personnages dont la présence dans ces lieux est attestée : les conventionnels occupaient bien l’Hôtel de Cordon. D’autres personnages historiques y ont bien sûr vécu, mais les détails de leur vie sont moins connus, ou se prêtent moins à la fantaisie. Françoise Bay, épouse du sénateur Milliet, a eu semble-t-il une vie nettement moins trépidante que celle d’Adèle de Bellegarde !

Que reste-t-il aujourd’hui à Chambéry de cette période ?

L’Hôtel de Cordon bien sûr ! Mais aussi l’Hôtel des Marches de Bellegarde, rue Croix d’Or. L’hôtel de la famille Costa se situe entre la rue Croix d’Or et la place Métropole. La demeure de Mademoiselle de Mellarède est l’Hôtel Dieulefit, place Saint Léger.
Hérault de Séchelles avait une grande admiration pour Rousseau. On voit encore aujourd’hui aux Charmettes la plaque qu’il y a fait poser.

Les personnages

Parmi les personnages du jeu, qui a vraiment existé ?
Adèle de Bellegarde, Hérault de Séchelles, Madame de Gilly, le marquis et la marquise Costa de Beauregard sont des personnages historiques.

Et les autres ?
Josephte et Claude sont issus de notre imagination, mais leurs prénoms existent en Savoie au XVIIIe siècle : nous les avons tirés de l’Inventaire des testaments déposés au Sénat au XVIIIe siècle (archives départementales).
Josephte aurait donc pu s’appeler Anne, Marguerite ou Gasparde ; le petit Claude pourrait être remplacé par un jeune Pierre, Philibert ou Antoine.

Vous n’avez oublié personne ?
Pour simplifier l’intrigue, nous avons laissé dans l’ombre Aurore de Bellegarde, la jeune sœur d’Adèle, ainsi que les autres représentants de la Convention qui accompagnaient Héraut de Séchelles.

Qui est Madame de Gilly ?
Madame de Gilly est plus connue sous son nom de jeune fille : Mademoiselle de Mellarède. Dans sa jeunesse, Rousseau lui donna des cours de musique à l’Hôtel Dieulefit. Sa description dans les Confessions rappelle par certains points celles d’Adèle de Bellegarde : brune, vive, air attirant.

« La première fut Mlle de Mellarède, ma voisine, sœur de l’élève de M. Gaime. C’était une brune très vive, mais d’une vivacité caressante, pleine de grâces, et sans étourderie. Elle était un peu maigre, comme sont la plupart des filles à son âge ; mais ses yeux brillants, sa taille fine et son air attirant n’avaient pas besoin d’embonpoint pour plaire. J’y allais le matin, et elle était encore ordinairement en déshabillé, sans autre coiffure que ses cheveux négligemment relevés, ornés de quelques fleurs qu’on mettait à mon arrivée, et qu’on ôtait à mon départ pour se coiffer. Je ne crains rien tant dans le monde qu’une jolie personne en déshabillé ; je la redouterais cent fois moins parée. »

Elle était encore en vie au moment de la Révolution, comme le rappelle dans ses mémoires le premier préfet du département du Mont Blanc.

Adèle

À quoi ressemblait Adèle ?
Un récit nous relate le rôle d’Adèle de Bellegarde dans la réalisation du tableau des Sabines, et nous en donne une description. Ce texte a été publié en 1855, plusieurs décennies après les faits, il faut donc l’interpréter avec précautions…

« Mme de Bellegarde était une brune extrêmement jolie, très-bien faite, mise avec toute l’élégance et la liberté du costume des femmes en ce temps, et qui profitait de sa jeunesse et de sa réputation de femme à la mode pour vivre et s’exprimer comme bon lui semblait. Tandis que cette dame profitait du laisser-aller des mœurs républicaines à Paris, tout en affectant l’élégance de la cour que l’on avait détruite, son mari, officier supérieur au service de l’Autriche, se battait contre les armées de la France, et devait, quelque temps après, succéder à Mêlas comme général en chef en Italie.
Mme de Noailles et les dames de Bellegarde furent précisément admises à voir l’ouvrage du grand artiste au moment où cette difficulté l’arrêtait. La belle figure et les grands cheveux noirs de Mme de Bellegarde le frappèrent, et il exprima devant ces trois dames le regret de n’avoir pas eu à sa disposition, pour peindre la tête de la femme à genoux qui montre ses enfants, la figure de Mme de Bellegarde. Cette observation flatteuse, faite par un homme dont le talent excitait alors une admiration universelle, et adressée à une jeune femme qui ne manquait pas de vanité, fut très-bien prise par Mme de Bellegarde, qui en effet laissa retoucher d’après la sienne la tête de la femme à genoux.
Ce fait se répandit dans la ville, mais en passant d’abord par tous les ateliers de peinture du Louvre, ce qui lui fit prendre un coloris un peu plus cru, mais absolument faux. »
Louis David, son école et son temps : souvenir, par M. E. J. Delécluze, 1855

Le tableau est aujourd’hui conservé au musée du Louvre.

Y a-t-il des ouvrages sur les sœurs de Bellegarde ?
Oui, mais ils sont plus ou moins romancés.

    Adèle de B. : les mémoires d’Adélaïde Victoire de Bellegarde, André Gilbertas. – Les Marches : Fontaine de Siloé, 1991

Hérault

Où trouver des informations sur Hérault de Séchelles ?
Sa biographie figure sur le site de l’assemblée nationale

Grâce à son ouvrage « Dialogue pour les citoyens des campagnes du département du Mont-Blanc, entre un électeur et l’un des commissaires de la Convention nationale, sur le serment civique que la loi exige des prêtres »

Pour une version romancée : C’était tous les jours tempête, Jérôme Garcin. – Paris : Gallimard, 2001. (Disponible à la médiathèque de Chambéry)

La Révolution

D’où viennent vos informations sur les familles nobles de Chambéry durant la Révolution française ?
Nous nous sommes basés essentiellement sur des courriers de cette période, qui ont été publiés au cours du XIXe siècle.

La vie du marquis Costa de Beauregard, par son arrière-petit-fils : Un homme d’autrefois (3e éd.) / souvenirs recueillis par son arrière-petit-fils, le Mis Costa de Beauregard

Des courriers échangés par le marquis Costa et sa femme mentionnent les sœurs de Bellegarde, et l’inquiétude du mari d’Adèle. Costa déconseille à sa femme d’écrire pour prendre de leurs nouvelles, le courrier dans le jeu est entièrement de notre invention !
« Je répète tant que je peux à Bellegarde qu’il y a un Dieu qui veille particulièrement sur les jolies femmes, qu’il faut les laisser courir quand on ne peut faire mieux, (…) et que les pèlerines étant jeunes, pleines d’esprit, hardies, heureuses, elles s’en tireront sans que nous nous en mêlions. »

Les courriers de Joseph de Maistre donnent aussi un éclairage sur cette période.

À quoi ressemblait Chambéry à cette époque ?
Voici deux plans de la ville…
Chambéry en 1790
Chambéry en 1794

… et quelques documents sur l’hôtel des Marches
le rez-de-chaussée
la façade

Et pour en savoir davantage ?
Les quelques éléments historiques intégrés dans le jeu ont pour seule ambition de suggérer une ambiance. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site des archives départementales.

Il existe aussi des ouvrages sur ce sujet, par exemple celui-ci, disponible à la médiathèque de Chambéry : Christian Sorrel et Corinne Townley, La Savoie, la France et la Révolution. Repères et échos 1789-1799, Chambéry, Cundéra,‎ 1999, 380 p.